L’histoire de la broderie

La broderie est l’un des plus anciens des arts décoratifs. Ce témoignage nous a laissé, entre autres, "La tapisserie de Bayeux". A partir du XVIe siècle, la broderie est liée à l’histoire du vêtement masculin et féminin, alors qu’à partir du XIXe siècle, elle ornera, plus particulièrement, les tenues féminines. Deux techniques se perpétuent : la broderie main, pour la haute couture ou le prêt-à-porter couture, et les broderies mécaniques, qui sont réalisées, pour la plupart, dans la région de Saint Quentin et de Lyon.

 

L’industrie de la broderie, en France, regroupe une quarantaine d’entreprises occupant 2.500 personnes.

Avec la naissance de la haute couture (Charles Frédéric Worth en 1858), la broderie sert l’art. L’atelier d’Albert Michonet réalise des travaux de broderie sous Napoléon III et pour la haute couture parisienne jusqu’en 1924, date à laquelle Albert Lesage devient propriétaire de la maison de broderie de haute couture. En 1949, François Lesage assure la continuité de la maison auprès de sa mère. Au début des années 50, il innove avec de nouveaux matériaux : rhodoïds, paillettes de paille, rubans rococo. Entre 1955 et 1958, l’univers de la broderie est bouleversé... les grandes techniques sont abandonnées au profit de créations plus spontanées.

La maison Lesage englobe quatre activités : le travail pour la haute couture et le prêt-à-porter, la collection d’accessoires et l’école de broderie. Concernant le travail pour la haute couture plusieurs shémas se présentent lors de la commande : soit le couturier donne des thèmes de départ, soit il puise dans les archives, soit il attend la nouvelle collection. La broderie se réalise en plusieurs étapes : les dessinatrices créent des modèles, puis le dessin est reproduit, grâce à la piqueuse, sur un tissu. Dans l’atelier, sur des métiers anciens, les brodeuses réalisent le travail. La technique dite de Lunéville, par exemple, qui n’a pas changée depuis 120 ans et qui s’utilise pour les petits matériaux (perles, paillettes...) nécessite de travailler, avec un crochet, à l’envers du métier. Pour la haute couture, le fil de soie est employée pour sa solidité. Pendant les défilés, les brodeuses travaillent jours et nuits, trois semaines d’affilé. C’est une période d’angoisse avant la jour J.

En 1992, l’école de broderie d’Art Lesage ouvre ses portes à l’endroit même des ateliers. C’est la première fois qu’un grand professionnel des métiers d’art accepte d’initier le public à ses techniques. Les stages offrent aux élèves une palette attractive : la broderie d’art haute couture, la broderie d’art décoration intérieure, initiation à la broderie d’art, la broderie loisir, stage piquage/ponçage.

La collection de la maison Lesage représente plus de 9.000.000 heures de travail, et 65.000 échantillons archivés. Pour chaque collection de haute couture, François Lesage (avec l’aide de 6 dessinatrices et 30 brodeuses) présente aux couturiers entre 100 et 150 échantillons tous les six mois. Chaque échantillon représente 20 à 30 heures de travail et peut compter jusqu’à 50.000 points. Chaque année, 300 kilos de perles et 100 millions de paillettes sont utilisés. Trois à quatre semaines sont ensuite nécessaires à la réalisation de chaque collection. 60 tonnes de fournitures sont stockées dans la maison Lesage, soit 350.000 références. Les plus vieilles fournitures datent de 1880... et "faire un inventaire est infaisable" ajoute François Lesage qui précise que 13 à 14 millions d’heures de travail sont actuellement en stock.

Source France2

 


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