QUELQUES CHIFFRES
• Près de 30 millions de Français pratiquent un loisir créatif, parmi eux :
5,5 millions de femmes sont passionnées de broderie,
5,5 millions de femmes sont ferventes de tapisserie,
12,2 millions de femmes sont adeptes de la couture.
• La pratique des loisirs créatifs correspond à l’envie de :
79% - décorer son logement,
78% - créer,
75% - faire des cadeaux,
74% - passer le temps,
65% - initier les enfants.
N.B.* : Etude Ipsos
Une étude récente publiée par « Défis » étudiant les métiers les plus rentables de l’équipement et de la personne fait apparaître que, globalement, la mercerie dégage un taux de marge nette de 14,8 %, ce qui le classe dans les premiers de sa classe, juste après l’horlogerie-bijouterie (16,9%) et la bijouterie fantaisie (15,6%).
Enfin la grande marque DMC vendrait à elle-seule 1 million d’échevettes de fil mouliné par jour ! Chiffre qui serait à rapprocher des 300 millions de brodeuses que compterait notre planète, toujours selon le même DMC.
Le tricot défraie lui aussi la chronique des chiffres !
Relancé lors des éditions précédentes du salon L’Aiguille en Fête avec le Café des tricoteuses et en 2006 avec le Championnat de France de vitesse de Tricot, le regain d’intérêt des Français pour le tricot se confirme et ce quel que soit leur âge et leur catégorie socio-professionnelle.
Ainsi, si l’on en croit une étude IPSOS publiée le 6 février 2007 dans le journal Le Monde, et réalisé pour la société Bergère de France, plus d’un Français sur deux (54%) aurait déjà tricoté, alors que parmi les hommes, 51% souhaiteraient apprendre et que 30% avoueraient avoir déjà tricoté….
Côté femmes, elles seraient 69 % parmi la fameuse cible des prescriptrices de 25-35 ans à avoir déjà tricoté alors que 83% des non-tricoteuses, vraisemblablement séduites par l’effet mode, déclarent aux enquêteurs du fameux institut de sondage vouloir apprendre à manipuler les grandes aiguilles…
LES FRANÇAIS ET LE TRICOT
Sondage Ipsos réalisé pour Bergère de France en janvier 2007.
Quelques extraits du sondage et des commentaires faits par Ipsos
Plus d’un Français sur deux a déjà tricoté. Premier enseignement de cette étude, 54% des Français ont déjà tricoté. Ce chiffre est sans nul doute élevé au regard des a priori que cette pratique véhicule encore. Il est logiquement plus élevé parmi les femmes, auxquelles cette activité est traditionnellement associée : 76%. Il est significatif qu’aucune tranche d’âge n’y échappe, ni aucune catégorie socio-professionnelle. Cette expérience transcende âge et classe sociales.
La majorité de ceux qui ont tricoté ne l’ont pas fait depuis longtemps : seuls 8% des Français continuent à tricoter. Et à l’inverse, 46% des Français n’ont jamais tenté l’aventure, alors même que 55% d’entre eux déclare que si demain ils avaient la possibilité d’apprendre, ils le feraient. C’est dire la marge de progression possible du tricot dans le cœur des Français.
Le tricot : des attraits forts, que les Français identifient parfaitement
Les femmes de 25-35 ans en pointe
La catégorie des femmes de 25-35 ans est largement touchée par la « fièvre du tricot ». Elles sont tout particulièrement nombreuses à l’avoir déjà expérimenté, puisque 69% d’entre elles déclarent avoir déjà tricoté, dont 9% qui le font toujours. Et celles qui ne savent pas tricoter sont tout particulièrement désireuses de le faire : 83% désirent apprendre à tricoter, dont 23% qui le feraient sans hésiter si on leur offrait aiguilles et laine.
Et pour cause : ce sont elles qui déclarent le plus souvent que le tricot est une activité destressante : 88%. Il est vrai que ce sont aussi celles qui doivent mener de front le plus de choses (enfants en bas âge, début de carrière, conjoint, amis…). 67% d’entre elles ont le sentiment que le tricot revient à la mode.
Le tricot, une valeur de transmission.
Les enquêtes d’opinion montrent, de manière générale, un intérêt nouveau, notamment chez les jeunes, pour un retour à la tradition et aux valeurs. On s’intéresse au passé de la famille, on se réapproprie les symboles de ce qui marque l’identité profonde.
Ainsi, le tricot est-il sans aucun doute, un symbole fort de transmission des valeurs familiales. Peut-être est-ce précisément cette raison qui avait amené les Français à abandonner le tricot, et qui les fait s’y intéresser à nouveau. Et de fait, pour 76% des Français, il s’agit d’une activité conviviale d’échange, de partage et de transmission des savoirs. C’est vrai aussi bien de ceux qui ont une expérience du tricot (84%) que des autres (67%). Mieux, même ceux qui n’ont jamais tricoté et ne le feraient « jamais de la vie » le pensent (55%).
Il faut dire que le tricot semble bien passer par une initiation familiale, ce qui renforce son symbole de valeur de transmission. Ainsi, la quasi-totalité des tricoteurs et des tricoteuses ont été initié(e)s par leur mère : 63%, ou encore par leur grand-mère (33%). On ne vient que minoritairement au tricot de soi-même. Tout se passe comme si le tricot permettait, sans doute dans l’enfance le plus souvent, ou au moment où le premier bébé arrive, de partager des moments privilégiés avec sa mère. Des moments magiques, où on essaie de faire comme elle, de lui ressembler, et au final, de mieux la connaître certainement.
L’imitation n’est-elle pas le plus sincère des compliments ? Apprendre à tricoter avec sa mère, c’est s’inscrire dans la continuité.
Se singulariser. Par ailleurs, tricoter permet d’affirmer sa personnalité. On entend de plus en plus les gens regretter l’uniformisation que la société de consommation a amenée : tout se ressemblerait, tout le monde serait habillé pareil, voire penserait pareil via le « politiquement correct ». Or le tricot est un loisir qui permet d’être vraiment soi-même : bien entendu, de disposer de créations faites de ses propres mains (95% des Français le pensent), mais aussi d’exprimer sa créativité (89%), et de personnaliser sa tenue et ses accessoires (81%). Le tricot permet d’enrayer ce sentiment de conformisme ambiant.
D’ailleurs, on note utilement que l’argument selon lequel des célébrités tricotent ne change rien à l’envie de tricoter pour la quasi-totalité des répondants : on ne tricote pas pour faire comme les autres, leur ressembler ! En revanche, savoir qu’on peut se tricoter les modèles de jeunes créateurs grâce à des kits accessibles à tous convainc 16% des Français.
Apprendre à prendre son temps. Dans une société où le temps de devoir être productif imprègne jusqu’à la sphère privée, où, particulièrement dans les grandes villes, les activités sont minutées, voire ont un autre but que celui de se détendre (on fait du sport pour mincir, aller au théâtre pour se cultiver…), les gens se plaignent souvent d’avoir le sentiment de ne pas faire les choses pour se faire réellement plaisir. Le tricot n’est-il pas l’éloge de ce plaisir perdu à faire les choses ? On peut facilement acheter des tricots dans le commerce au lieu de les faire, il est même probable que cela est le plus souvent moins coûteux. Mais on se priverait d’un véritable loisir. Ainsi, 86% des Français jugent que tricoter permet de se détendre, de se destresser. Un loisir le plus souvent pratiqué chez soi : la quasi-totalité des personnes qui tricotent le font chez elles (98%).
Un renouveau qui s’inscrit dans un changement des mentalités
Un renouveau anticipé. Ainsi les Français reconnaissent largement les atouts de l’activité tricot et une majorité d’entre eux anticipent un renouveau du tricot, puisque 56% déclarent leur sentiment que par rapport à il y a 10 ans, le tricot commence à redevenir à la mode. Ce chiffre est tout particulièrement élevé chez les femmes (70%).
Ce sentiment est également fort chez ceux qui tricotent toujours actuellement (85%), bien placés pour observer ce renouveau. Le tricot semble redevenir doucement au goût du jour après une période où il était un peu tombé en désuétude. Son image est même moderne, puisqu’à l’époque du nomadisme, 85% des Français pensent que le tricot est une activité qui peut se pratiquer partout.
Un renouveau sans aucun doute illustré par l’intérêt du monde de la mode (de plus en plus de maille dans les collections), et l’offre nouvelle des fabricants en couleurs, matières, kits… Un terrain sur lequel Américains et Britanniques nous ont déjà devancés.
Une évolution des mentalités. Certes, les Français font preuve d’un intérêt certain pour le tricot. Mais il ne faudrait pas imaginer une réunion de vieilles dames autour d’un thé et de biscuits, papotant, et tricotant. Cet intérêt émane aussi des hommes : ils sont 30% à déclarer avoir déjà expérimenté le tricot, et 51% à désirer apprendre. Un « aveu » qui est certainement le signe d’une évolution des mentalités. En effet, après l’appropriation des activités traditionnellement masculines par les femmes, on assiste actuellement à une acceptation de leur part féminine par les hommes, qui n’hésitent à être coquets, et des pères attentifs … Les activités sont aujourd’hui de moins en moins sexuées, et les hommes n’ont aujourd’hui plus honte d’avouer qu’ils pratiquent ou pratiqueraient volontiers le tricot, pourtant traditionnellement réservé aux femmes.
D’ailleurs, 1% déclare le faire, un chiffre certainement sous-évalué, car cela n’est pas chose facile à avouer….
Ils seraient pourtant bien inspirés de se « lâcher » davantage puisqu’ils ont l’approbation des femmes. 47% d’entre elles jugent sympathique qu’un homme tricote, 28% qu’il est courageux et s’affranchit du regard des autres, 16% que cela est touchant. Seule une minorité de femmes (8%) déclare sans ambages que cela est ridicule, ne se fait plus. Autres temps, autres mœurs, le tricot est aujourd’hui envisageable par tous, sans souci du qu’en dira-t-on.
Le tricot est aujourd’hui perçu comme une activité qui permet d’allier respect de la tradition et mode. Alors tous et toutes à vos tricots !
Sondage Ipsos effectué pour Bergère de France
Date du terrain : Les 5 et 6 janvier 2007. Echantillon : 1017 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.
METHODE : Echantillon interrogé par téléphone. Méthode des quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, catégorie d’agglomération et région.